
Crescendo Magazine: Arthur Hinnewinkel, Prix Thierry Scherz 2024 à Gstaad, a choisi Schumann pour son premier album
Depuis 2001, les Sommets musicaux de Gstaad sont organisés, aux mois de janvier-février, dans ce lieu de villégiature réputé du canton suisse de Berne. Avec une attention particulière portée aux jeunes interprètes de tous pays qui se produisent au cours du festival et jouent du même instrument, différent chaque année. L’un d’entre eux est récompensé par le Prix Thierry Scherz, ainsi nommé depuis 2014, au décès du fondateur et directeur artistique des Sommets. La récompense est l’enregistrement d’un disque avec orchestre, produit par Claves Records, qui offre l’opportunité de se faire mieux connaître. Nous avons évoqué, dans les colonnes de Crescendo, les albums des vainqueurs des deux sessions précédentes. En 2022, la violoniste danoise Anna Agafia gravait un programme Nielsen/Szymanowski (notre article du 27 mars 2023) ; l’année suivante, c’était au tour du violoncelliste anglais Tim Posner de se produire dans Bloch, Bruch et Dohnányi (notre article du 22 mai 2024).
Le Français Arthur Hinnewinkel s’est vu attribuer le Prix Scherz 2024 après avoir proposé, dans la chapelle de Gstaad, un programme Beethoven, Karol Beffa (œuvre imposée) et Schumann, dont il a donné la Fantaisie op. 17. Pour l’album enregistré en septembre de l’an dernier, Hinnewinkel a choisi de se consacrer totalement à ce dernier compositeur, estimant que, dans le maître de Zwickau, l’on peut se reconnaître à tous les âges de la vie, tant les facettes de l’œuvre sont multiples, entre amour de l’enfance, désir poétique, art du contrepoint et romantisme tourmenté. Le jeune virtuose, lit-on dans la notice, s’est longuement familiarisé avec des auteurs que Schumann appréciait, comme Jean-Paul, E.T.A. Hoffmann, La Motte-Fouqué ou Novalis. Son choix final pour son album s’est porté sur trois pages concertantes.
Suivons Arthur Hinnewinkel dans ses déclarations. Le programme débute par le Konzertstück op. 92, créé à Leipzig en février 1850 par Clara Schumann ; pour le lauréat, il s’agit d’un coup de cœur. Les séquences solistes m’ont toujours fait rêver, confie-t-il. Envelopper d’accords arpégés le chant des plus beaux instruments, s’imprégner de l’harmonie au gré de phrases lentes, n’est-ce pas le bonheur total ? il joue avec générosité et sensibilité, mais aussi de façon vivante, ce plein quart d’heure, au sujet duquel Brigitte François- Sappey a précisé que tout le rêve allemand trouve à s’exprimer dans ces ineffables enlacements mélodiques (Fayard, 2000, p. 720). [..]
Son : 8,5 Notice : 9 Répertoire : 10 Interprétation : 8
Crescendo magazine, Jean Lacroix , avril 2025
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