(2026) HINDAMARS
Catégorie(s): Moderne Piano Raretés
Instrument(s): Hautbois Piano
Compositeur principal: Compositeurs multiples (voir les collections)
Nb CD(s): 1
N° de catalogue:
CD 3120
Sortie: 22.05.2026
EAN/UPC: 7619931312026
(L'album sera envoyé quelques jours avant la sortie officielle).
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HINDAMARS
Triptyque
Notre travail passionné sur les répertoires rares ou inédits liés à la deuxième guerre mondiale, cette fracture dans l'histoire de la musique et la vie des compositeurs, a déjà donné lieu à deux enregistrements remarqués (In memoriam Pavel Haas, VDE Gallo 1426, At the Heart of the XXth Century, Claves 1810).
Après les compositeurs d’Europe centrale et les compositeurs français, c'est la sphère germanique elle-même que nous questionnons dans ce troisième disque longuement mûri. La possibilité de pouvoir continuer à s'exprimer en musique dans le temps de la montée de la peste brune, le rapport à l’exil qu’il soit aux USA, en Suisse, en URSS, ou en Palestine sont les sujets majeurs qui construisent ce programme et complètent notre triptyque. La notion de 'musique dégénérée' telle que définie par le régime nazi lors de l'exposition de Düsseldorf en 1938, s’applique tant à la modernité d'Hindemith qu'aux débuts du jazz, de ces musiques dites 'nègres' qui s’imposaient à Paris comme dans le Berlin de la République de Weimar.
L'exil forcé d'Hindemith en 1939
Hindemith a exploré le genre de la sonate d'une manière extraordinaire dans une vingtaine d’oeuvres, s'essayant à toutes sortes de combinaisons instrumentales avec une prédilection pour les instruments à vent peu usités. Ses sonates pour hautbois (1938) et cor anglais (1941) encadrent son départ pour la Suisse puis les Etats- Unis. Compositeur allemand emblématique de la modernité sous la République de Weimar, Hindemith et son opéra Mathis der Maler sont au centre des polémiques sur la place de l’art sous le nazisme. Défendu par Furtwängler au nom de la liberté d'expression et aussitôt classé par Goebbels comme proscrit, jugé trop conservateur par Weill et Brecht avec qui il avait pourtant composé la pièce radiophonique le Vol de Lindbergh, Hindemith profite de sa renommée internationale comme soliste et pédagogue pour fuir le régime et s’installer aux Etats-Unis puis en Suisse.
Lors d’un concert entendu au Cotton Club de New- York, ce musicien lui-même incroyablement doué (violon solo de l’orchestre de Francfort, altiste du quatuor Amar, organisateur du festival de Donaueschingen, premier compositeur sous contrat avec les prestigieuses éditions Schott de Mayence pour l'ensemble de sa production) s’émerveille du talent des jazzmen :
« Trois heures de musique avec les choses les plus folles que j'aie entendues, des trompettes déchaînées, une véritable orgie rythmique et sonore où tout se déroule avec une incroyable virtuosité »
Schulhoff, un génie fauché par le nazisme
Juif, homosexuel et communiste, Schulhoff meurt en 1942 de la tuberculose alors qu’il est encore en train de tenter d’écrire des symphonies dans les geôles nazies. Ce pianiste virtuose tchèque, présenté à Dvorak comme enfant prodige, dont le talent de compositeur est reconnu par Reger ou Debussy avec qui il prend des leçons, est marqué à jamais par l'expérience des combats de la première guerre mondiale. Comme Hindemith, dont le père fut victime de cette guerre avant d’être appelé lui-même au front, l'absurdité et l’indicible violence de ces combats conduit Schulhoff à une certaine radicalité esthétique. Il rencontre au front le peintre et caricaturiste George Grosz et rejoindra avec lui le mouvement Dada en 1918. Il écrira la première oeuvre constituée uniquement de silences près de trente ans avant Cage et mettra en musique le Manifeste du Parti Communiste. Comme Hindemith à Donaueschingen, il programmera la musique de Berg, Schoenberg et Webern dans l’Atelier de la musique nouvelle : une série de concerts qu’il lance à Dresde dans les années vingt. Pratiquant le jazz et le traduisant dans son propre idiome de compositeur depuis 1919, il répond à la commande de Kurt Weill pour une des premières radios berlinoises par abonnement en composant en 1930 sa Hot Sonata. Ecrite originellement pour un saxophone en fa, elle se prête particulièrement à une adaptation au cor anglais lui aussi en fa. Schulhoff prendra la nationalité soviétique après les accords de Munich en 1938. Son goût pour le jazz, la seule forme de musique qu’il peut continuer à pratiquer clandestinement, ses liens forts avec les débuts de la radiodiffusion, pour qui il travaille à Ostrava et Brno jusqu'à son emprisonnement, en font un compositeur éminemment original au catalogue flamboyant.
Josef Tal, l’exil en Palestine
Pédagogue exigeant, théoricien rigoureux, Hindemith a transmis tout au long de sa vie son amour de l’art des sons. Josef Tal fut son élève, comme nombre d'autres à Berlin avant-guerre. Sentant le vent de l'histoire tourner, Il émigra en 1934 en Palestine sous mandat britannique. Hautboïste formé à la célèbre école allemande de Fritz Flemming, il ne manqua pas de donner après-guerre une sonate restée inédite pour son instrument préféré. Elle ne manque pas de faire référence à Hindemith avec l'utilisation des thèmes en quarte, une solide structure en arche en un mouvement, une écriture stricte et pleine de couleurs. La ligne de hautbois évoque aussi la psalmodie telle que le père du compositeur, rabbin déporté et tué par les nazis, la pratiquait à la synogogue. Tal a connu le succès et une impressionnante production qui s'est développée largement avec l'État d'Israël : quatre opéras, six symphonies, des pièces d'avant-garde utilisant l'électronique et trois quatuors. Impliqué dans toutes les plus grandes institutions musicales israéliennes, il a été une figure musicale majeure de cette nouvelle nation.
Jazz et musique d’aujourd’hui
Comme à Bruno Giner et Philippe Hersant pour les deux précédents disques, nous avons demandé à un compositeur d'aujourd'hui de donner son éclairage sur ce projet. C'est à Marc Perrenoud, magnifique pianiste de jazz, très impliqué dans la vie musicale suisse, fils d’un grand hautbois solo de l’Orchestre de la Suisse Romande, né à Berlin, que nous avons commandé une nouvelle pièce pour notre duo.
Fabrice Ferez
***
Hindamars
Hindemith est sur Mars. Enfin, sa musique....Paul Hindemith a écrit plusieurs ouvrages théoriques notamment Unterweisung im Tonsatz dont plusieurs chapitres pourraient se résumer à : comprendre la musique selon la nature. Il est ici question, le plus souvent de lois physiques qui s'expliquent mathématiquement. J'ai imaginé Hindamars comme si la gravité martienne, moindre que celle de la Terre, étirait les intervalles chers au compositeur. Ces patterns seront ensuite utilisés comme matière première. Des mélodies vaporeuses et ouvertes en résultent dans une courte pièce rouge, chaude et rythmée.
Blue Hope
Blue Hope décrit une hypothétique rencontre entre Hindemith et Schulhoff.Les « blues notes » Schulhoffiennes sortent du bois et se parent d’effluves impressionnistes; comme si Ravel venait de temps en temps amener quelques amuse-bouches sur la table d’un vieux bistrot.
L'Espoir est le sentiment qui traverse toute la pièce. Un espoir forcément incarné par la résilience d'un Schulhoff qui, malgré une existence truffée d’obstacles douloureux, ne cessera de produire des oeuvres passionnantes comme ces Cinq études de jazz écrites en 1926 auxquelles Blue Hope rend hommage.
Les Trois Tours
Emblème de la ville de Prague, cette pièce s'appuie sur des matériaux thématiques de Hindamars et Blue Hope dans une dynamique « est-ouest » inspirée de la période américaine de Hindemith (1940-1953), de la stabilité qu'elle incarne et la subversion d'un Schulhoff avant-gardiste, dadaïste et persécuté.
En alternance, des tours ancrées dans le sol traduisent des appuis sur les temps forts qui s’opposent avec la fragilité d'éléments aériens et syncopés exprimant des explosions peu maîtrisées mais néanmoins solaires. Un feu apparaît à plusieurs reprises, et irradie le tableau à intensités variables à travers un motif ibérique : comme si parfois, de Falla venait prendre des nouvelles du monde…
Marc Perrenoud
MARC PANTILLON
Issu d’une famille de musiciens bien connue en Suisse Romande, le pianiste Marc Pantillon a tout naturellement abordé dès son plus jeune âge l’étude du piano sous la houlette de ses parents ; il n’aura d’ailleurs pas d’autre professeur jusqu’à son diplôme d’enseignement, qu’il passe à l’âge de vingt ans. Titulaire d’une bourse Migros, il poursuit à Vienne ses études de piano chez Hans Petermandl à la Hochschule für Musik, y recevant la virtuosité en 1983. Il a la chance de pouvoir ensuite se perfectionner auprès du grand pianiste Paul Badura-Skoda, qui s’intéresse à lui, le poussant à envisager sérieusement la carrière de soliste, dont le coup d’envoi sera en 1987 le Prix de Soliste de l’Association des Musiciens Suisses. Depuis lors, il se produit fréquemment, aussi bien en récital, comme soliste avec orchestre que comme chambriste. Marc Pantillon a également consacré beaucoup de son énergie à l’enseignement, à la HEM de Neuchâtel-Genève ainsi qu’à l’HEMU Lausanne. Sur le plan discographique, Marc Pantillon a eu l’occasion d’enregistrer des compositeurs peu joués auxquels sa curiosité l’a amené à s’intéresser, tels que Stephen Heller (Claves CD 9805), Ignaz Lachner (Claves CD 9802- 3), ou Mel Bonis (l’intégrale pour flûte et piano avec sa fille Anne-Laure), ce qui ne l’a pas empêché de graver de grands classiques qui lui tenaient à coeur, comme Brahms (Claves CD 2519/20) et Beethoven (Claves CD 2914/15). Passionné de botanique et d’ornithologie,Marc Pantillon s’est établi à Môtiers, dans les montagnes neuchâteloises, pour la qualité de vie qu’offre une campagne encore très naturelle, et dont les forêts n’ont probablement guère changé depuis l’époque où Jean-Jacques Rousseau y herborisait...
FABRICE FEREZ
Fabrice Ferez est Hautbois solo de l’Orchestre Victor Hugo, Professeur au Conservatoire du Grand Besançon et co-directeur de l’ensemble TETRAKTYS. Chambriste invétéré, arrangeur, chef d’orchestre et compositeur à l’occasion, il aime vivre et partager la musique sous toutes ses formes.
Après des études de hautbois au Conservatoire National Supérieur de musique de Lyon, Fabrice Ferez se perfectionne au sein des académies Mozart de Prague et Cracovie où il suit l’enseignement de Maurice Bourgue pour le hautbois et de Sandor Vegh pour la musique de chambre.
Membre de l’orchestre des Jeunes Gustav Mahler, il joue sous la direction de chefs tels que Bernard Haitink ou Claudio Abbado. Il se produit ensuite avec des formations telles que l’orchestre National de l’Opéra de Paris, l’orchestre National de Lyon, l’orchestre Philharmonique du Luxembourg et l’orchestre Philharmonique des Flandres.
Passionné de musique de chambre, sa discographie comporte des oeuvres pour trio d’anches de compositeurs d’Europe centrale, un CD consacré à ses transcriptions pour vents des trios de Schubert et Beethoven. Il a également mené un travail de redécouverte de l’oeuvre pour hautbois et guitare du virtuose romantique comtois Napoléon Coste couronné par un enregistrement en 2009. Co-directeur artistique de l’ensemble de musique de chambre TETRAKTYS, il a enregistré le Quintette pour piano et vents de Mozart, le Phantasy Quartet de Britten ainsi que les Pièces en quintette et trio à vents de Malcolm Arnold. Sa récente intégrale des Fantaisies de Telemann complétée de transcriptions personnelles des Sonates et partitas pour violon de Bach (dont la célèbre Chaconne) a été saluée par la critique. Il a fondé en 2005, dans sa Drôme natale, le Festival des Chapelles Royans Vercors, qu’il anime en recherchant sans cesse de nouvelles formes de concerts.
Passionné par la création contemporaine, il donne régulièrement les grandes pièces d’aujourd’hui dédiées à son instrument (Holliger, Carter, Berio, Lutosławski Harvey, Chen, Amy). Il interprète aussi la jeune génération de compositeurs avec Au bleu bois de Misato Mochizuki (2000). Bruno Giner a écrit pour lui Trois silences déchirés (2013). Philippe Hersant lui a dédié Shehnaï (2016).
S’intéressant à la direction d’orchestre depuis l’âge de 19 ans, il a dirigé de 1994 à 2000 l’ensemble Orchestral Lyon-Région et l’Orchestre universitaire de Franche-Comté de 1998 à 2005 ainsi que l’Orchestre Philharmonique de Besançon de 2001 à 2014.
Compositeur à ses heures, il a créé Nachtstück pour orchestre d’harmonie et violoncelle au festival lyonnais du Grame, Musiques en scène et Vamos, mélodrame pour huit instruments à vents, récitant et choeur d’enfants au Festival de Flaine. Le conservatoire de Dole lui a commandé Lune pour choeur d’enfants, orgue et hautbois en 2018 et Myriam Rignol a créé sa Leçon de mots pour viole de gambe solo en 2019. Isabelle Druet et l’orchestre Victor Hugo vient de créer La orilla del mar. Sa dernière pièce est un conte musical inspiré de la vie de Telemann Trois rêves de Georgette. Ses oeuvres sont éditées par les éditions Artchipel.
Son amour de la transmission et de l’enseignement l’ont conduit à donner des Master Classes en Chine, au Japon, en Slovénie, en Allemagne ou en Suisse.
Fabrice Ferez construit depuis plus de vingt ans son parcours artistique grâce au savoir-faire des équipes et aux qualités uniques des instruments Buffet Crampon (Hautbois Virtuose et Cor Anglais Prestige).
Triptyque
Notre travail passionné sur les répertoires rares ou inédits liés à la deuxième guerre mondiale, cette fracture dans l'histoire de la musique et la vie des compositeurs, a déjà donné lieu à deux enregistrements remarqués (In memoriam Pavel Haas, VDE Gallo 1426, At the Heart of the XXth Century, Claves 1810).
Après les compositeurs d’Europe centrale et les compositeurs français, c'est la sphère germanique elle-même que nous questionnons dans ce troisième disque longuement mûri. La possibilité de pouvoir continuer à s'exprimer en musique dans le temps de la montée de la peste brune, le rapport à l’exil qu’il soit aux USA, en Suisse, en URSS, ou en Palestine sont les sujets majeurs qui construisent ce programme et complètent notre triptyque. La notion de 'musique dégénérée' telle que définie par le régime nazi lors de l'exposition de Düsseldorf en 1938, s’applique tant à la modernité d'Hindemith qu'aux débuts du jazz, de ces musiques dites 'nègres' qui s’imposaient à Paris comme dans le Berlin de la République de Weimar.
L'exil forcé d'Hindemith en 1939
Hindemith a exploré le genre de la sonate d'une manière extraordinaire dans une vingtaine d’oeuvres, s'essayant à toutes sortes de combinaisons instrumentales avec une prédilection pour les instruments à vent peu usités. Ses sonates pour hautbois (1938) et cor anglais (1941) encadrent son départ pour la Suisse puis les Etats- Unis. Compositeur allemand emblématique de la modernité sous la République de Weimar, Hindemith et son opéra Mathis der Maler sont au centre des polémiques sur la place de l’art sous le nazisme. Défendu par Furtwängler au nom de la liberté d'expression et aussitôt classé par Goebbels comme proscrit, jugé trop conservateur par Weill et Brecht avec qui il avait pourtant composé la pièce radiophonique le Vol de Lindbergh, Hindemith profite de sa renommée internationale comme soliste et pédagogue pour fuir le régime et s’installer aux Etats-Unis puis en Suisse.
Lors d’un concert entendu au Cotton Club de New- York, ce musicien lui-même incroyablement doué (violon solo de l’orchestre de Francfort, altiste du quatuor Amar, organisateur du festival de Donaueschingen, premier compositeur sous contrat avec les prestigieuses éditions Schott de Mayence pour l'ensemble de sa production) s’émerveille du talent des jazzmen :
« Trois heures de musique avec les choses les plus folles que j'aie entendues, des trompettes déchaînées, une véritable orgie rythmique et sonore où tout se déroule avec une incroyable virtuosité »
Schulhoff, un génie fauché par le nazisme
Juif, homosexuel et communiste, Schulhoff meurt en 1942 de la tuberculose alors qu’il est encore en train de tenter d’écrire des symphonies dans les geôles nazies. Ce pianiste virtuose tchèque, présenté à Dvorak comme enfant prodige, dont le talent de compositeur est reconnu par Reger ou Debussy avec qui il prend des leçons, est marqué à jamais par l'expérience des combats de la première guerre mondiale. Comme Hindemith, dont le père fut victime de cette guerre avant d’être appelé lui-même au front, l'absurdité et l’indicible violence de ces combats conduit Schulhoff à une certaine radicalité esthétique. Il rencontre au front le peintre et caricaturiste George Grosz et rejoindra avec lui le mouvement Dada en 1918. Il écrira la première oeuvre constituée uniquement de silences près de trente ans avant Cage et mettra en musique le Manifeste du Parti Communiste. Comme Hindemith à Donaueschingen, il programmera la musique de Berg, Schoenberg et Webern dans l’Atelier de la musique nouvelle : une série de concerts qu’il lance à Dresde dans les années vingt. Pratiquant le jazz et le traduisant dans son propre idiome de compositeur depuis 1919, il répond à la commande de Kurt Weill pour une des premières radios berlinoises par abonnement en composant en 1930 sa Hot Sonata. Ecrite originellement pour un saxophone en fa, elle se prête particulièrement à une adaptation au cor anglais lui aussi en fa. Schulhoff prendra la nationalité soviétique après les accords de Munich en 1938. Son goût pour le jazz, la seule forme de musique qu’il peut continuer à pratiquer clandestinement, ses liens forts avec les débuts de la radiodiffusion, pour qui il travaille à Ostrava et Brno jusqu'à son emprisonnement, en font un compositeur éminemment original au catalogue flamboyant.
Josef Tal, l’exil en Palestine
Pédagogue exigeant, théoricien rigoureux, Hindemith a transmis tout au long de sa vie son amour de l’art des sons. Josef Tal fut son élève, comme nombre d'autres à Berlin avant-guerre. Sentant le vent de l'histoire tourner, Il émigra en 1934 en Palestine sous mandat britannique. Hautboïste formé à la célèbre école allemande de Fritz Flemming, il ne manqua pas de donner après-guerre une sonate restée inédite pour son instrument préféré. Elle ne manque pas de faire référence à Hindemith avec l'utilisation des thèmes en quarte, une solide structure en arche en un mouvement, une écriture stricte et pleine de couleurs. La ligne de hautbois évoque aussi la psalmodie telle que le père du compositeur, rabbin déporté et tué par les nazis, la pratiquait à la synogogue. Tal a connu le succès et une impressionnante production qui s'est développée largement avec l'État d'Israël : quatre opéras, six symphonies, des pièces d'avant-garde utilisant l'électronique et trois quatuors. Impliqué dans toutes les plus grandes institutions musicales israéliennes, il a été une figure musicale majeure de cette nouvelle nation.
Jazz et musique d’aujourd’hui
Comme à Bruno Giner et Philippe Hersant pour les deux précédents disques, nous avons demandé à un compositeur d'aujourd'hui de donner son éclairage sur ce projet. C'est à Marc Perrenoud, magnifique pianiste de jazz, très impliqué dans la vie musicale suisse, fils d’un grand hautbois solo de l’Orchestre de la Suisse Romande, né à Berlin, que nous avons commandé une nouvelle pièce pour notre duo.
Fabrice Ferez
***
Hindamars
Hindemith est sur Mars. Enfin, sa musique....Paul Hindemith a écrit plusieurs ouvrages théoriques notamment Unterweisung im Tonsatz dont plusieurs chapitres pourraient se résumer à : comprendre la musique selon la nature. Il est ici question, le plus souvent de lois physiques qui s'expliquent mathématiquement. J'ai imaginé Hindamars comme si la gravité martienne, moindre que celle de la Terre, étirait les intervalles chers au compositeur. Ces patterns seront ensuite utilisés comme matière première. Des mélodies vaporeuses et ouvertes en résultent dans une courte pièce rouge, chaude et rythmée.
Blue Hope
Blue Hope décrit une hypothétique rencontre entre Hindemith et Schulhoff.Les « blues notes » Schulhoffiennes sortent du bois et se parent d’effluves impressionnistes; comme si Ravel venait de temps en temps amener quelques amuse-bouches sur la table d’un vieux bistrot.
L'Espoir est le sentiment qui traverse toute la pièce. Un espoir forcément incarné par la résilience d'un Schulhoff qui, malgré une existence truffée d’obstacles douloureux, ne cessera de produire des oeuvres passionnantes comme ces Cinq études de jazz écrites en 1926 auxquelles Blue Hope rend hommage.
Les Trois Tours
Emblème de la ville de Prague, cette pièce s'appuie sur des matériaux thématiques de Hindamars et Blue Hope dans une dynamique « est-ouest » inspirée de la période américaine de Hindemith (1940-1953), de la stabilité qu'elle incarne et la subversion d'un Schulhoff avant-gardiste, dadaïste et persécuté.
En alternance, des tours ancrées dans le sol traduisent des appuis sur les temps forts qui s’opposent avec la fragilité d'éléments aériens et syncopés exprimant des explosions peu maîtrisées mais néanmoins solaires. Un feu apparaît à plusieurs reprises, et irradie le tableau à intensités variables à travers un motif ibérique : comme si parfois, de Falla venait prendre des nouvelles du monde…
Marc Perrenoud
MARC PANTILLON
Issu d’une famille de musiciens bien connue en Suisse Romande, le pianiste Marc Pantillon a tout naturellement abordé dès son plus jeune âge l’étude du piano sous la houlette de ses parents ; il n’aura d’ailleurs pas d’autre professeur jusqu’à son diplôme d’enseignement, qu’il passe à l’âge de vingt ans. Titulaire d’une bourse Migros, il poursuit à Vienne ses études de piano chez Hans Petermandl à la Hochschule für Musik, y recevant la virtuosité en 1983. Il a la chance de pouvoir ensuite se perfectionner auprès du grand pianiste Paul Badura-Skoda, qui s’intéresse à lui, le poussant à envisager sérieusement la carrière de soliste, dont le coup d’envoi sera en 1987 le Prix de Soliste de l’Association des Musiciens Suisses. Depuis lors, il se produit fréquemment, aussi bien en récital, comme soliste avec orchestre que comme chambriste. Marc Pantillon a également consacré beaucoup de son énergie à l’enseignement, à la HEM de Neuchâtel-Genève ainsi qu’à l’HEMU Lausanne. Sur le plan discographique, Marc Pantillon a eu l’occasion d’enregistrer des compositeurs peu joués auxquels sa curiosité l’a amené à s’intéresser, tels que Stephen Heller (Claves CD 9805), Ignaz Lachner (Claves CD 9802- 3), ou Mel Bonis (l’intégrale pour flûte et piano avec sa fille Anne-Laure), ce qui ne l’a pas empêché de graver de grands classiques qui lui tenaient à coeur, comme Brahms (Claves CD 2519/20) et Beethoven (Claves CD 2914/15). Passionné de botanique et d’ornithologie,Marc Pantillon s’est établi à Môtiers, dans les montagnes neuchâteloises, pour la qualité de vie qu’offre une campagne encore très naturelle, et dont les forêts n’ont probablement guère changé depuis l’époque où Jean-Jacques Rousseau y herborisait...
FABRICE FEREZ
Fabrice Ferez est Hautbois solo de l’Orchestre Victor Hugo, Professeur au Conservatoire du Grand Besançon et co-directeur de l’ensemble TETRAKTYS. Chambriste invétéré, arrangeur, chef d’orchestre et compositeur à l’occasion, il aime vivre et partager la musique sous toutes ses formes.
Après des études de hautbois au Conservatoire National Supérieur de musique de Lyon, Fabrice Ferez se perfectionne au sein des académies Mozart de Prague et Cracovie où il suit l’enseignement de Maurice Bourgue pour le hautbois et de Sandor Vegh pour la musique de chambre.
Membre de l’orchestre des Jeunes Gustav Mahler, il joue sous la direction de chefs tels que Bernard Haitink ou Claudio Abbado. Il se produit ensuite avec des formations telles que l’orchestre National de l’Opéra de Paris, l’orchestre National de Lyon, l’orchestre Philharmonique du Luxembourg et l’orchestre Philharmonique des Flandres.
Passionné de musique de chambre, sa discographie comporte des oeuvres pour trio d’anches de compositeurs d’Europe centrale, un CD consacré à ses transcriptions pour vents des trios de Schubert et Beethoven. Il a également mené un travail de redécouverte de l’oeuvre pour hautbois et guitare du virtuose romantique comtois Napoléon Coste couronné par un enregistrement en 2009. Co-directeur artistique de l’ensemble de musique de chambre TETRAKTYS, il a enregistré le Quintette pour piano et vents de Mozart, le Phantasy Quartet de Britten ainsi que les Pièces en quintette et trio à vents de Malcolm Arnold. Sa récente intégrale des Fantaisies de Telemann complétée de transcriptions personnelles des Sonates et partitas pour violon de Bach (dont la célèbre Chaconne) a été saluée par la critique. Il a fondé en 2005, dans sa Drôme natale, le Festival des Chapelles Royans Vercors, qu’il anime en recherchant sans cesse de nouvelles formes de concerts.
Passionné par la création contemporaine, il donne régulièrement les grandes pièces d’aujourd’hui dédiées à son instrument (Holliger, Carter, Berio, Lutosławski Harvey, Chen, Amy). Il interprète aussi la jeune génération de compositeurs avec Au bleu bois de Misato Mochizuki (2000). Bruno Giner a écrit pour lui Trois silences déchirés (2013). Philippe Hersant lui a dédié Shehnaï (2016).
S’intéressant à la direction d’orchestre depuis l’âge de 19 ans, il a dirigé de 1994 à 2000 l’ensemble Orchestral Lyon-Région et l’Orchestre universitaire de Franche-Comté de 1998 à 2005 ainsi que l’Orchestre Philharmonique de Besançon de 2001 à 2014.
Compositeur à ses heures, il a créé Nachtstück pour orchestre d’harmonie et violoncelle au festival lyonnais du Grame, Musiques en scène et Vamos, mélodrame pour huit instruments à vents, récitant et choeur d’enfants au Festival de Flaine. Le conservatoire de Dole lui a commandé Lune pour choeur d’enfants, orgue et hautbois en 2018 et Myriam Rignol a créé sa Leçon de mots pour viole de gambe solo en 2019. Isabelle Druet et l’orchestre Victor Hugo vient de créer La orilla del mar. Sa dernière pièce est un conte musical inspiré de la vie de Telemann Trois rêves de Georgette. Ses oeuvres sont éditées par les éditions Artchipel.
Son amour de la transmission et de l’enseignement l’ont conduit à donner des Master Classes en Chine, au Japon, en Slovénie, en Allemagne ou en Suisse.
Fabrice Ferez construit depuis plus de vingt ans son parcours artistique grâce au savoir-faire des équipes et aux qualités uniques des instruments Buffet Crampon (Hautbois Virtuose et Cor Anglais Prestige).
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