(2026) Gioia
Catégorie(s): Concerto Orchestral Piano
Instrument(s): Piano
Compositeur principal: Compositeurs multiples (voir les collections)
Orchestre: Orchestre de Chambre Fribourgeois
Chef: Gábor Takács-Nagy
Nb CD(s): 1
N° de catalogue:
CD 3116
Sortie: 11.09.2026
EAN/UPC: 7619931311623
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GIOIA
FRIBOURG – LEIPZIG – COPENHAGUE : LE NORD ET SA FRAÎCHEUR ENFANTINE
Pas de voyage à vélo cette fois-ci, comme avec « Duende » en 2020 (vers l’Espagne d’Albéniz et la France de Debussy – Claves CD 3021) ou avec « Roots » deux ans plus tard (en quête plein Est de ses racines paternelles sur le fil des musiques d’Enesco, de Bartók et de Moussorgski – CD 3052), mais un troisième point cardinal pour orienter ce nouveau périple discographique : le Nord. D’abord tout proche avec le Fribourg d’Olivier Lattion (qui est aussi le sien depuis 2018). Puis celui de l’Allemagne romantique de Robert Schumann. Enfin le « vrai » Nord des fjords et des aurores boréales avec la Norvège d’Edvard Grieg, qui en cette fin de 19e siècle se cherche une voix au sein du concert des nations européennes et n’hésite pas pour l’aiguiser à aller boire à la source séculaire du Vieux Continent (Grieg se forme à Leipzig auprès de Carl Reinecke et d’Ignaz Moscheles). Un fil mobile, donc, mais qui au-delà de la géographie raconte des histoires : celle du lien intime qui relie Teo Gheorghiu à chacune des trois pièces contenues sur cet album – histoires de vie, d’amitié et (forcément !) de nature.
Fribourg est à la fois l’alpha et l’oméga de l’aventure. Si c’est dans la ville des Zähringen que Teo Gheorghiu rencontre la musique d’Olivier Lattion – par le biais de sa fille Gioia qui fréquente la même école que le fils du compositeur : le fil de l’enfance, tout un symbole ! –, c’est en effet en sa salle Equilibre que naît en concert, le 30 janvier 2025, le socle de cet album : ce Concerto en la mineur de Grieg qui marque sa rencontre tant attendue avec Gábor Takács-Nagy, un chef qu’il admire de longue date (au travers des enregistrements du célèbre Quatuor mais également des masterclasses qu’il suit avec lui sur les hauteurs de Verbier) et dont il chérit « la jeunesse d’esprit » et « cette capacité à toucher tout le monde par le seul rayonnement passionné et intense de sa baguette ». « Un enregistrement live est toujours un défi, confie-t-il. Impossible de dire à l’avance si cela va fonctionner. Cela aurait pu ne pas marcher et nous aurions alors trouvé une autre rampe de lancement pour le disque. Mais les planètes se sont parfaitement alignées. J’ai même l’impression que l’Orchestre de chambre fribourgeois – que j’ai appris à mieux connaître depuis mon accession en 2023 à la tête de la Société des concerts de Fribourg – n’a jamais aussi bien joué ! Ce qui est particulièrement bienvenu pour une oeuvre aussi enregistrée que le Concerto de Grieg : je crois pouvoir dire que nous avons réussi à l’habiller d’une fraîcheur et une spontanéité plutôt rares. »
Restait à prolonger la magie, et notamment celle du live … sans pour autant s’en remettre au même « quitte ou double » de la prise unique. En mai 2025, le pianiste et son équipe de prise de son se rendent dans le Toggenburg saint-gallois à la rencontre d’un tout nouvel espace de musique : le Klanghaus (littéralement « Maison du son ») d’Unterwasser. Un vaisseau de bois hors du temps posé au coeur d’une nature vierge à couper le souffle, avec son lac et ses espaces boisés délicatement vallonnés : l’écrin idéal pour un artiste qui n’aime rien tant que de sentir l’air pur sur sa peau et l’herbe sous ses pieds entre les prises intenses d’une session d’enregistrement. Sur ce coup de foudre en forme d’évidence, le rendez-vous est acté pour immortaliser les deux oeuvres pour piano seul de cet album « nordique » : ce sera en juillet de la même année, et Teo Gheorghiu a l’excellente idée de convier famille et amis pour l’accompagner dans les ultimes prises complètes – ces moments clés où la tension se relâche et d’où jaillissent bien souvent l’essentiel de ce que l’on va garder, l’arc du souffle qui fait tenir le tout. « C’était la première fois que mon épouse et ma fille assistaient à ces moments très spéciaux et je trouve cela symboliquement très fort, ma petite Gioia étant au coeur de ce nouveau projet : par sa jeunesse qui fait écho aux Scènes de Schumann, par ses jeux d’enfant qui m’ont permis de connaître Olivier Lattion et de me sentir immédiatement proche de la profonde spiritualité de la musique … et parce qu’aussi sa présence dans ma vie fait que pour la première fois depuis longtemps je n’ai pas enfourché mon vélo pour joindre les destinations de mon disque ! »
Les Kinderszenen [Scènes d’enfants] op. 15 de Robert Schumann voient le jour en 1838. « Avant Moussorgski (Souvenir d’enfance, Plaisanterie enfantine) et avant Bizet (Jeux d’enfants) ou Debussy (Children’s Corner), Schumann parle des petits aux … grands », note Jean Gallois dans le livret d’un précédent album Claves (CD 2601-02). En effet, le compositeur parle bien de scènes d’enfants et non de scènes pour enfants : même si l’oeuvre ne requiert pas la même virtuosité débridée que les Kreisleriana écrites à la même époque, « le cycle nécessite délicatesse, soin du détail et naturel dans l’expression qui posent un défi réel aux interprètes même les plus chevronnés » (Jonas Pulver). Schumann s’inscrit clairement dans la continuité de Jean-Sébastien Bach et de ses Klavierbüchleine dédiés à un apprentissage par le jeu. Il écrit à Clara : «Est-ce une réponse à ce que tu m’écrivais un jour que je te faisais parfois l’effet d’un enfant ? Tu verras que les ailes ont poussé à cet enfant, car j’ai écrit une trentaine de curieuses petites pièces, parmi lesquelles j’ai retenu une douzaine que j’ai appelées Kinderszenen. Tu prendras plaisir à les jouer, mais il te faudra oublier que tu es une virtuose.»
Créée par l’auteur le 18 août 2016 à l’Université de Canterbury à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, À l’unisson du Ciel pour piano seul d’Olivier Lattion nous est présentée avec ses propres mots. «Pour moi, comme probablement pour tout compositeur vivant une forme quelconque de spiritualité, l’acte de créer n’est pas aussi solitaire qu’il n’y paraît, explique le musicien fribourgeois. Quand je parcours une de mes pièces plusieurs mois ou années après son écriture, j’ai parfois le sentiment de ne pas en être le seul auteur, le sentiment qu’il est en fait impossible que j’en sois le seul auteur ! Être ‹à l’unisson du Ciel’ signifie donc être relié à cette source qui permet de surimposer à mes capacités existantes (technique, connaissances, sensibilité etc.) ce surcroît de transcendance qui, lui, ne pourra venir que d’une énergie créatrice bien supérieure … Ce sentiment de connexion, je l’ai spécialement ressenti dans cette pièce aux accents mystiques très marqués. Elle est écrite en hommage à Jehan Alain, compositeur d’une profonde spiritualité dont l’oeuvre et la personnalité résonnent en moi d’une façon toute particulière.»
Edvard Grieg n’a que 25 ans lors qu’il couche sur le papier en 1868 ce qui deviendra son oeuvre la plus populaire, sinon emblématique. Il séjourne alors au Danemark. Copenhague est alors considérée comme le foyer des activités littéraires et artistiques de la Scandinavie. C’est sous l’influence de Niels Gade, compositeur danois qui a succédé à Mendelssohn à la tête du Gewandhaus de Leipzig, que Grieg, qui jusqu’alors n’avait composé que de petites pièces, se résout à écrire une page plus ambitieuse. Immédiatement, son Concerto fait songer à Schumann, dont Grieg avait entendu le Concerto en la mineur interprété par la veuve du compositeur. Son opus 16 se caractérise par des rythmes typiques, des formules mélodiques et une articulation du phrasé propres au folklore scandinave, surtout dans le troisième mouvement. En 1870, Liszt joue l’oeuvre à son tour, sans l’avoir lue auparavant; un grand romantisme, mais aussi un profond sentiment nationaliste suscitent chez lui une grande émotion. De tels louanges contribuent à placer Grieg en tête des compositeurs les plus en vue de son époque, notamment pour Brahms et Tchaïkovski, qui n’ont cessé d’admirer son oeuvre. Le Concerto est créée à Copenhague le 3 avril 1869 par Edmund Neupert, en l’absence de Grieg – retenu par des engagements à Christiana – mais en présence de Gade et d’Anton Rubinstein.
Antonin Scherrer
TEO GHEORGHIU
Teo Gheorghiu jouit d’une popularité particulière en Suisse et s’est fait un nom à l’échelle internationale ces dernières années. Le magazine Piano News l’a récemment décrit comme un « formidable pianiste adulte et intelligent ».
C’est à l’âge de douze ans que Teo Gheorghiu fait ses débuts avec le concerto pour piano de Schumann à la Tonhalle de Zurich. Depuis, il s’est constitué un répertoire varié et produit avec des orchestres tels que le Royal Philharmonic, le Pittsburgh Symphony, l’Orquesta Sinfónica de Bilbao, le Danish National Symphony, l’Orchestre symphonique Tchaïkovski de Moscou et l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich. Une collaboration régulière le lie à l’Orchestre de chambre de Zurich et au Musikkollegium de Winterthour. Ses récitals l’ont mené dans toutes les grandes villes suisses, mais aussi à Londres (Wigmore Hall), Hambourg (Philharmonie de l’Elbe), Tokyo (Suntory Hall), Milan (Società del Quartetto) ou Santiago, au Beethovenfest à Bonn, au Dvořák Festival à Prague, au Louvre, aux festivals de Bucarest, Gstaad, Verbier ou Lucerne et aux Festspiele Mecklenburg-Vorpommern.
En 2020, le label Claves et Teo Gheorghiu initient une collaboration à long terme. Le premier CD, Duende, reçoit un accueil enthousiaste du public et de la presse, récompensé par un Diapason d’Or (« Teo Gheorghiu ne fait rien comme tout le monde »). Inspiré par un tour à vélo à travers la France et l’Espagne, il se compose d’oeuvres pour piano seul d’Albéniz, Granados, Ravel et Debussy. Teo Gheorghiu cède alors à l’appel de ses racines et part de son village natal, dans l’Oberland zurichois, pour gagner à vélo le pays de ses ancêtres, la Roumanie. Son nouvel album, Roots, est imprégné de cette expérience.
Né en 1992, Teo Gheorghiu a des origines roumaines et possède la double nationalité suisse et canadienne. En 2004, il remporte le 1er Prix au Concours international de piano de Saint-Marin et, l’année suivante, au Concours international Franz Liszt à Weimar. En 2010, le Beethovenfest à Bonn lui décerne l’Anneau Beethoven. Après avoir passé la plus grande partie de sa vie à Londres, où il a étudié auprès de Hamish Milne, il réside aujourd’hui de nouveau en Suisse. Teo Gheorghiu n’est pas seulement un cycliste passionné, il aime aussi jouer au football, voyager et partir en quête de nouvelles découvertes dans le monde de la musique populaire.
(2026) Gioia - CD 3116
FRIBOURG – LEIPZIG – COPENHAGUE : LE NORD ET SA FRAÎCHEUR ENFANTINE
Pas de voyage à vélo cette fois-ci, comme avec « Duende » en 2020 (vers l’Espagne d’Albéniz et la France de Debussy – Claves CD 3021) ou avec « Roots » deux ans plus tard (en quête plein Est de ses racines paternelles sur le fil des musiques d’Enesco, de Bartók et de Moussorgski – CD 3052), mais un troisième point cardinal pour orienter ce nouveau périple discographique : le Nord. D’abord tout proche avec le Fribourg d’Olivier Lattion (qui est aussi le sien depuis 2018). Puis celui de l’Allemagne romantique de Robert Schumann. Enfin le « vrai » Nord des fjords et des aurores boréales avec la Norvège d’Edvard Grieg, qui en cette fin de 19e siècle se cherche une voix au sein du concert des nations européennes et n’hésite pas pour l’aiguiser à aller boire à la source séculaire du Vieux Continent (Grieg se forme à Leipzig auprès de Carl Reinecke et d’Ignaz Moscheles). Un fil mobile, donc, mais qui au-delà de la géographie raconte des histoires : celle du lien intime qui relie Teo Gheorghiu à chacune des trois pièces contenues sur cet album – histoires de vie, d’amitié et (forcément !) de nature.
Fribourg est à la fois l’alpha et l’oméga de l’aventure. Si c’est dans la ville des Zähringen que Teo Gheorghiu rencontre la musique d’Olivier Lattion – par le biais de sa fille Gioia qui fréquente la même école que le fils du compositeur : le fil de l’enfance, tout un symbole ! –, c’est en effet en sa salle Equilibre que naît en concert, le 30 janvier 2025, le socle de cet album : ce Concerto en la mineur de Grieg qui marque sa rencontre tant attendue avec Gábor Takács-Nagy, un chef qu’il admire de longue date (au travers des enregistrements du célèbre Quatuor mais également des masterclasses qu’il suit avec lui sur les hauteurs de Verbier) et dont il chérit « la jeunesse d’esprit » et « cette capacité à toucher tout le monde par le seul rayonnement passionné et intense de sa baguette ». « Un enregistrement live est toujours un défi, confie-t-il. Impossible de dire à l’avance si cela va fonctionner. Cela aurait pu ne pas marcher et nous aurions alors trouvé une autre rampe de lancement pour le disque. Mais les planètes se sont parfaitement alignées. J’ai même l’impression que l’Orchestre de chambre fribourgeois – que j’ai appris à mieux connaître depuis mon accession en 2023 à la tête de la Société des concerts de Fribourg – n’a jamais aussi bien joué ! Ce qui est particulièrement bienvenu pour une oeuvre aussi enregistrée que le Concerto de Grieg : je crois pouvoir dire que nous avons réussi à l’habiller d’une fraîcheur et une spontanéité plutôt rares. »
Restait à prolonger la magie, et notamment celle du live … sans pour autant s’en remettre au même « quitte ou double » de la prise unique. En mai 2025, le pianiste et son équipe de prise de son se rendent dans le Toggenburg saint-gallois à la rencontre d’un tout nouvel espace de musique : le Klanghaus (littéralement « Maison du son ») d’Unterwasser. Un vaisseau de bois hors du temps posé au coeur d’une nature vierge à couper le souffle, avec son lac et ses espaces boisés délicatement vallonnés : l’écrin idéal pour un artiste qui n’aime rien tant que de sentir l’air pur sur sa peau et l’herbe sous ses pieds entre les prises intenses d’une session d’enregistrement. Sur ce coup de foudre en forme d’évidence, le rendez-vous est acté pour immortaliser les deux oeuvres pour piano seul de cet album « nordique » : ce sera en juillet de la même année, et Teo Gheorghiu a l’excellente idée de convier famille et amis pour l’accompagner dans les ultimes prises complètes – ces moments clés où la tension se relâche et d’où jaillissent bien souvent l’essentiel de ce que l’on va garder, l’arc du souffle qui fait tenir le tout. « C’était la première fois que mon épouse et ma fille assistaient à ces moments très spéciaux et je trouve cela symboliquement très fort, ma petite Gioia étant au coeur de ce nouveau projet : par sa jeunesse qui fait écho aux Scènes de Schumann, par ses jeux d’enfant qui m’ont permis de connaître Olivier Lattion et de me sentir immédiatement proche de la profonde spiritualité de la musique … et parce qu’aussi sa présence dans ma vie fait que pour la première fois depuis longtemps je n’ai pas enfourché mon vélo pour joindre les destinations de mon disque ! »
Les Kinderszenen [Scènes d’enfants] op. 15 de Robert Schumann voient le jour en 1838. « Avant Moussorgski (Souvenir d’enfance, Plaisanterie enfantine) et avant Bizet (Jeux d’enfants) ou Debussy (Children’s Corner), Schumann parle des petits aux … grands », note Jean Gallois dans le livret d’un précédent album Claves (CD 2601-02). En effet, le compositeur parle bien de scènes d’enfants et non de scènes pour enfants : même si l’oeuvre ne requiert pas la même virtuosité débridée que les Kreisleriana écrites à la même époque, « le cycle nécessite délicatesse, soin du détail et naturel dans l’expression qui posent un défi réel aux interprètes même les plus chevronnés » (Jonas Pulver). Schumann s’inscrit clairement dans la continuité de Jean-Sébastien Bach et de ses Klavierbüchleine dédiés à un apprentissage par le jeu. Il écrit à Clara : «Est-ce une réponse à ce que tu m’écrivais un jour que je te faisais parfois l’effet d’un enfant ? Tu verras que les ailes ont poussé à cet enfant, car j’ai écrit une trentaine de curieuses petites pièces, parmi lesquelles j’ai retenu une douzaine que j’ai appelées Kinderszenen. Tu prendras plaisir à les jouer, mais il te faudra oublier que tu es une virtuose.»
Créée par l’auteur le 18 août 2016 à l’Université de Canterbury à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, À l’unisson du Ciel pour piano seul d’Olivier Lattion nous est présentée avec ses propres mots. «Pour moi, comme probablement pour tout compositeur vivant une forme quelconque de spiritualité, l’acte de créer n’est pas aussi solitaire qu’il n’y paraît, explique le musicien fribourgeois. Quand je parcours une de mes pièces plusieurs mois ou années après son écriture, j’ai parfois le sentiment de ne pas en être le seul auteur, le sentiment qu’il est en fait impossible que j’en sois le seul auteur ! Être ‹à l’unisson du Ciel’ signifie donc être relié à cette source qui permet de surimposer à mes capacités existantes (technique, connaissances, sensibilité etc.) ce surcroît de transcendance qui, lui, ne pourra venir que d’une énergie créatrice bien supérieure … Ce sentiment de connexion, je l’ai spécialement ressenti dans cette pièce aux accents mystiques très marqués. Elle est écrite en hommage à Jehan Alain, compositeur d’une profonde spiritualité dont l’oeuvre et la personnalité résonnent en moi d’une façon toute particulière.»
Edvard Grieg n’a que 25 ans lors qu’il couche sur le papier en 1868 ce qui deviendra son oeuvre la plus populaire, sinon emblématique. Il séjourne alors au Danemark. Copenhague est alors considérée comme le foyer des activités littéraires et artistiques de la Scandinavie. C’est sous l’influence de Niels Gade, compositeur danois qui a succédé à Mendelssohn à la tête du Gewandhaus de Leipzig, que Grieg, qui jusqu’alors n’avait composé que de petites pièces, se résout à écrire une page plus ambitieuse. Immédiatement, son Concerto fait songer à Schumann, dont Grieg avait entendu le Concerto en la mineur interprété par la veuve du compositeur. Son opus 16 se caractérise par des rythmes typiques, des formules mélodiques et une articulation du phrasé propres au folklore scandinave, surtout dans le troisième mouvement. En 1870, Liszt joue l’oeuvre à son tour, sans l’avoir lue auparavant; un grand romantisme, mais aussi un profond sentiment nationaliste suscitent chez lui une grande émotion. De tels louanges contribuent à placer Grieg en tête des compositeurs les plus en vue de son époque, notamment pour Brahms et Tchaïkovski, qui n’ont cessé d’admirer son oeuvre. Le Concerto est créée à Copenhague le 3 avril 1869 par Edmund Neupert, en l’absence de Grieg – retenu par des engagements à Christiana – mais en présence de Gade et d’Anton Rubinstein.
Antonin Scherrer
TEO GHEORGHIU
Teo Gheorghiu jouit d’une popularité particulière en Suisse et s’est fait un nom à l’échelle internationale ces dernières années. Le magazine Piano News l’a récemment décrit comme un « formidable pianiste adulte et intelligent ».
C’est à l’âge de douze ans que Teo Gheorghiu fait ses débuts avec le concerto pour piano de Schumann à la Tonhalle de Zurich. Depuis, il s’est constitué un répertoire varié et produit avec des orchestres tels que le Royal Philharmonic, le Pittsburgh Symphony, l’Orquesta Sinfónica de Bilbao, le Danish National Symphony, l’Orchestre symphonique Tchaïkovski de Moscou et l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich. Une collaboration régulière le lie à l’Orchestre de chambre de Zurich et au Musikkollegium de Winterthour. Ses récitals l’ont mené dans toutes les grandes villes suisses, mais aussi à Londres (Wigmore Hall), Hambourg (Philharmonie de l’Elbe), Tokyo (Suntory Hall), Milan (Società del Quartetto) ou Santiago, au Beethovenfest à Bonn, au Dvořák Festival à Prague, au Louvre, aux festivals de Bucarest, Gstaad, Verbier ou Lucerne et aux Festspiele Mecklenburg-Vorpommern.
En 2020, le label Claves et Teo Gheorghiu initient une collaboration à long terme. Le premier CD, Duende, reçoit un accueil enthousiaste du public et de la presse, récompensé par un Diapason d’Or (« Teo Gheorghiu ne fait rien comme tout le monde »). Inspiré par un tour à vélo à travers la France et l’Espagne, il se compose d’oeuvres pour piano seul d’Albéniz, Granados, Ravel et Debussy. Teo Gheorghiu cède alors à l’appel de ses racines et part de son village natal, dans l’Oberland zurichois, pour gagner à vélo le pays de ses ancêtres, la Roumanie. Son nouvel album, Roots, est imprégné de cette expérience.
Né en 1992, Teo Gheorghiu a des origines roumaines et possède la double nationalité suisse et canadienne. En 2004, il remporte le 1er Prix au Concours international de piano de Saint-Marin et, l’année suivante, au Concours international Franz Liszt à Weimar. En 2010, le Beethovenfest à Bonn lui décerne l’Anneau Beethoven. Après avoir passé la plus grande partie de sa vie à Londres, où il a étudié auprès de Hamish Milne, il réside aujourd’hui de nouveau en Suisse. Teo Gheorghiu n’est pas seulement un cycliste passionné, il aime aussi jouer au football, voyager et partir en quête de nouvelles découvertes dans le monde de la musique populaire.
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Edvard Grieg (1843-1907)
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Gábor Takács-Nagy
Musique Haute-résolution - Qualité master studio
Olivier Lattion (*1964)
Orchestral
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Piano
Prochainement
Robert Schumann (1810-1856)
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