(2026) Zimmermann, Eötvös, Gruber, Saunier, Sinfonia Varsovia, Hermanto
Catégorie(s): Cuivres Concerto Moderne Orchestral Raretés
Instrument(s): Trompette
Compositeur principal: Compositeurs multiples (voir les collections)
Orchestre: Sinfonia Varsovia
Chef: Wilson Hermanto
Nb CD(s): 1
N° de catalogue:
CD 3137
Sortie: 08.05.2026
EAN/UPC: 7619931313726
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ZIMMERMANN, EÖTVÖS, GRUBER, SAUNIER, SINFONIA VARSOVIA, HERMANTO
La nouvelle trompette
L’essor spectaculaire du concerto pour trompette au cours de la seconde moitié du XXe siècle fut directement inspiré par la tradition de la trompette jazz et plus particulièrement par le génie de Louis Armstrong[i]. Armstrong, ainsi que d’autres trompettistes de jazz tels que Dizzy Gillespie et Miles Davis après lui, introduisirent une manière résolument nouvelle de jouer de leur instrument, manière qui se révéla tout aussi révolutionnaire dans le monde de la musique classique.
Il ne faut donc guère s’étonner que les trois concertos figurant sur ce disque entretiennent tous des liens explicites avec le jazz, tout en s’exprimant dans la (ou les) langue(s) de la musique classique contemporaine. Ces trois oeuvres, comme leurs compositeurs respectifs, sont également reliées par des liens personnels. Pétér Eötvös étudia la composition auprès de Bernd Alois Zimmermann. En tant que chef d’orchestre, il enregistra à la fois Aerial de Heinz Karl "Nali" Gruber et son propre concerto intitulé Jet Stream – avec Håkan Hardenberger en soliste. Hardenberger, pour qui Aerial fut écrit et Jet Stream révisé, fut aussi l’un de ceux qui contribuèrent à ressusciter Nobody knows de trouble I see de Zimmermann, après des décennies de négligence. Ce trio de concertos mérite assurément d’être entendu côte à côte; ensemble, ils témoignent de la vaste palette expressive de la trompette, à l’intersection des traditions classique et jazz. Ces dernières années, les interprètes de la génération suivante comme Clément Saunier se sont emparés de ces oeuvres majeures, désormais pleinement intégrées au répertoire de la trompette, alors qu’elles trouvent un nombre croissant de nouveaux défenseurs parmi les musiciens, et de nouveaux admirateurs parmi les auditeurs.
Il est significatif qu’aucune des trois compositions ne porte simplement le titre de « Concerto pour trompette ». Chacune possède un titre descriptif que l’on pourrait qualifier de « programmatique » — bien que non au sens de la musique à programme du XIXe siècle, laquelle s’inspirait le plus souvent de sources littéraires ou artistiques préexistantes. Nos trois oeuvres sont « programmatiques » d’une autre manière. Le concerto de Zimmermann, le plus ancien des trois, s’appuie sur un spiritual bien connu — une source musicale — qu’il emmène vers des horizons encore inexplorés. Les deux oeuvres plus récentes reposent sur des images et des idées extra-musicales propres à leurs compositeurs. À travers une multiplicité d’allusions à d’autres musiques, chacun a créé un réseau d’associations particulier et, en plaçant ces éléments empruntés dans de nouveaux contextes, chaque oeuvre parvient à exprimer quelque chose de profondément original.
Le jazz, bien qu’il soit clairement au centre des trois « programmes », signifiait quelque chose de différent pour chacun des compositeurs. Ces Européens n’ont pas simplement écrit de la musique influencée par le jazz américain, comme Stravinsky, Ravel et tant d’autres l’avaient fait un siècle plus tôt. Ils proposent plutôt leur propre réponse émotionnelle à cet art. L’oeuvre de Zimmermann est avant tout une méditation personnelle sur le spiritual; Gruber utilise les rythmes du jazz pour évoquer une vision apocalyptique, une fin du monde, tandis que chez Eötvös, le jazz apparaît comme un monde mystérieux en voie de découverte. - Dr. Peter Laki
[En lire plus dans le booklet]
[i] John Wallace, “The Emancipation of the Trumpet: Louis Armstrong, and the influence of jazz on 20th Century Trumpet Performance and Composition. Changing the course of history,” Scottish Music Review, vol. 1, n°1 (2007), pp. 68-82.
Clément Saunier
Clément Saunier est l’un des trompettistes français les plus actifs de la scène nationale et internationale. Diplômé du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris et du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il étudie auprès de Pierre Gillet, Clément Garrec, Gérard Boulanger et Jens McManama, avant de se perfectionner auprès de Pierre Thibault et Vladimir Kafelnikov.
Ses prestations aux concours internationaux sont récompensées par plusieurs grands prix, notamment à Città di Porcia (Italie), au Printemps de Prague, à Jeju (Corée du Sud), au concours Théo Charlier à Bruxelles, au concours Maurice André à Paris ainsi qu’au Concours Tchaïkovski de Moscou.
En 2013, il est nommé trompette solo de l’Ensemble intercontemporain. À ce poste, il collabore avec les grands compositeurs et chefs d’orchestre de notre temps. Il interprète et crée un grand nombre d’oeuvres du répertoire pour trompette, parmi lesquelles le Requiem de Hans Werner Henze, Mysteries of the Macabre de György Ligeti, la Sequenza X de Luciano Berio, Metal Extensions et Metallics de Yan Maresz, le NONcerto de Richard Ayres, Doppelgänger et Evil Twin de Yann Robin, Wild Winged One de Liza Lim, Triptyque Bleu d’Hèctor Parra, Gnomon de José Miguel Fernández ou encore Soliloquy IX de Thomas Simaku.
Il se produit régulièrement dans les grandes salles internationales, telles que la Philharmonie de Paris, la Philharmonie de Cologne, le Centre Pompidou, au Carnegie Hall de New York, au Suntory Hall de Tokyo, ou encore dans les Philharmonies de Berlin, Moscou et Hambourg.
En soliste, il est invité par de nombreux orchestres et festivals en Europe et à l’étranger, et mène parallèlement une intense activité de musique de chambre et de récital. Il est membre fondateur de l’ensemble Trombamania et du Paris Brass Quintet.
Sa discographie soliste reflète la diversité de son parcours artistique, de la musique baroque aux oeuvres contemporaines. Elle comprend notamment l’enregistrement du concerto d’Henri Tomasi avec l’English Chamber Orchestra, les concertos pour trompette d’Ida Gotkovsky, Charles Chaynes, Lalo Schiffrin, Roger Boutry et Anthony Girard, ainsi que le disque Direction (2017), consacré à des oeuvres pour trompette seule de Fedele, Maxwell Davies, Pintscher, Scelsi, Henze et Takemitsu. Ces enregistrements sont parus chez Cristal Records, Maguelone, Klarthe et Corélia.
Pédagogue engagé, Clément Saunier est professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon ainsi qu’au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, et donne régulièrement des masterclasses dans les principales institutions internationales.
Depuis 1998, il développe de nombreux projets artistiques et pédagogiques dédiés aux cuivres. Il est notamment à l’origine du festival Le Son des Cuivres à Mamers et du Surgères Brass Festival, ainsi que de l’Académie de cuivres et percussions de Surgères, qui rassemblent chaque été plusieurs milliers de festivaliers.
Il développe et joue les instruments Antoine Courtois.
Sinfonia Varsovia
Depuis sa création, le Sinfonia Varsovia est un ambassadeur de la culture musicale polonaise. Ses tournées internationales l’ont amené à rencontrer d’innombrables chefs d’orchestre, compositeurs et solistes et à toucher un très vaste public. Sur près de 40 ans d’existence, l’orchestre s’est produit régulièrement sur les scènes nationales et internationales, offrant aux auditeurs une expérience musicale inoubliable.
Avec l’arrivée de nouveaux membres, l’ensemble perpétue la tradition de l’Orchestre de Chambre Polonais (PCO) fondé en 1972 et dont il est issu. L’impulsion à son expansion a été donnée en 1984 par le légendaire violoniste Yehudi Menuhin, qui en a été le premier chef d’orchestre invité. « Aucun autre orchestre ne m‘a procuré autant de satisfaction que le Sinfonia Varsovia, en tant que soliste et chef d’orchestre », a-t-il déclaré en interview.
Par la suite, le Sinfonia Varsovia a entrepris une tournée mondiale, se produisant dans les salles de concert les plus prestigieuses, telles que le Carnegie Hall (New York), le Théâtre des Champs-Élysées (Paris), le Barbican Centre (Londres), le Wiener Musikverein (Vienne), le Teatro Colón (Buenos Aires), le Suntory Hall (Tokyo) et l’Herkulessaal (Munich). L’orchestre a joué sous la direction de chefs renommés, à l’image de Claudio Abbado, Witold Lutosławski, Lorin Maazel, Emmanuel Krivine, Jerzy Maksymiuk et Krzysztof Penderecki (qui a été directeur musical puis directeur artistique de l’orchestre de 1997 à 2020), ainsi qu’avec des solistes tels que Mstislav Rostropovitch, Anne-Sophie Mutter, Alfred Brendel, Martha Argerich et Piotr Anderszewski.
L’Orchestre symphonique de Varsovie a donné plus de 4000 concerts à travers le monde et enregistré plus de 300 disques, notamment pour Decca, Deutsche Grammophon, Naxos, Sony et Warner. Son répertoire discographique comprend des oeuvres du XVIIIe siècle à nos jours. Une place de choix est accordée aux compositeurs polonais, tels que Chopin, Penderecki, Paderewski, Lutosławski, Górecki et Kilar. L’orchestre a créé de nombreuses oeuvres, incluant celles de Henryk Mikołaj Górecki, Paweł Mykietyn et Krzysztof Penderecki.
Wilson Hermanto
Apprécié pour sa profonde musicalité, son autorité naturelle, son énergie communicative et son élégance, Wilson Hermanto est chef invité principal de l’orchestre de chambre Cameristi della Scala depuis 2017. Durant la saison 2025-26, il retourne à l’Elbphilharmonie Hamburg, avec les Cameristi della Scala après y avoir fait ses débuts l’année précédente à la tête du Wiener Kammerorchester. D’autres concerts en Suisse et à l’étranger souligneront le lien qui existe entre la phalange milanaise et Wilson Hermanto. Au cours de la même saison, il retrouvera l’Orchestra dell’Accademia Teatro alla Scala ainsi que l’Orquesta Filarmónica de Bogotá.
Avec les Cameristi della Scala, outre les concerts au Teatro alla Scala de Milan, Wilson Hermanto s’est récemment produit en Italie, en France, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Turquie et à Hong Kong et a également été réinvité par le Festival George Enescu à Bucarest. Au cours des dernières saisons, il a collaboré avec des solistes de renom tels que Veronika Eberle, Simon Trpčeski, Daniel Müller-Schott, Maxim Rysanov et Pierre Génisson. Wilson Hermanto a dirigé l’Orchestre philharmonique de Varsovie ainsi que l’Orchestre du NFM Leopoldinum à Wrocław. Avec le violoncelliste Daniel Müller-Schott, il est co-fondateur et co-directeur artistique du festival Vevey Spring Classic depuis 2022.
En tant que chef d’orchestre invité, Wilson Hermanto a dirigé Candide de Bernstein avec le Baltic State Opera en Pologne et a travaillé avec le Sinfonia Varsovia, l’Orchestre symphonique de la Radio nationale polonaise, l’Orchestre National de Metz, l’Orchestre philharmonique George Enescu, le Philharmonisches Orchester Heidelberg, l’Argovia Philharmonic, l’Orquesta Sinfónica Nacional de Chile, l’Orchestre Mariinsky, l’Orchestre philharmonique de Szczecin, l’Orchestre philharmonique de la République tchèque du Nord, l’Orquesta Filarmónica de Bogotá, l’Orchestra dell’Accademia Teatro alla Scala et l’Orchestre Symphonique Suisse des Jeunes.
En France, Wilson Hermanto a dirigé plusieurs des orchestres qui comptent parmi les plus prestigieux de l’Hexagone : l’Orchestre National de Lyon, l’Orchestre philharmonique de radio France, l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, l’Orchestre de chambre de Paris, l’Orchestre National d’Île de France, l’Orchestre National de Bretagne. Il a dirigé l’Orchestre de Cleveland, la Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken, l’Orchestre symphonique de Prague, le London Philharmonic Orchestra, le BBC National Orchestra of Wales, l’Orchestra della Svizzera Italiana, l’Orchestre de chambre de Lausanne, la NDR Radio Philharmonie Hannover, l’Ulster Orchestra, le Florida Orchestra, l’English Chamber Orchestra, l’Orchestre philharmonique de Malaisie, l’Orchestre de chambre de Genève, l’Ensemble Contrechamps, etc.
Avec un large répertoire qui s’étend de la période baroque à la musique de notre temps, Wilson Hermanto a travaillé avec de nombreux compositeurs contemporains renommés tels que Zygmunt Krauze, Bruno Mantovani, Jörg Widmann, Agata Zubel, Thuridur Jónsdóttir, Helmut Lachenmann, Eric Montalbetti, Giovanni Sollima, Magdalena Długosz, H.K. Gruber, Matteo Franceschini, Enno Poppe, Teoniki Rożynek, Wojciech Błazejczyk et Lowell Liebermann. Parmi les solistes avec lesquels Wilson Hermanto a travaillé figurent notamment Maxim Vengerov, Lang Lang, Francesco Piemontesi, Gautier Capuçon, David Fray, Till Fellner, Alexei Volodin, Sergei Babayan, Carolin Widmann, Alina Pogostkina, Nils Mönkemeyer, Kian Soltani, Richard Galliano, Radek Baborák, Michael Barenboim et le Trio Wanderer.
Né en Indonésie et résidant depuis longtemps en Suisse, Wilson Hermanto est diplômé du Peabody Conservatory of Music. Après un bachelor de violon, il a obtenu un master de direction d’orchestre à la Manhattan School of Music, où il a étudié avec le maestro suédois Sixten Ehrling. En sa qualité de mentor, Sir Colin Davis s’est intéressé pendant plus de dix ans à la formation musicale de Wilson Hermanto. Il a également été l’un des derniers élèves de la classe de direction de Carlo Maria Giulini à la Scuola Musica de Fiesole en Italie. Il a en outre étudié avec Seiji Ozawa au Tanglewood Music Center et, sur l’invitation de Pierre Boulez, au sein de la Lucerne Festival Academy.
Wilson Hermanto et les Cameristi della Scala ont fait paraître fin 2024 un album comprenant la Symphonie n° 2 de Beethoven et la Symphonie n°35 dite « Haffner » de Mozart (CD Claves 3096).
(2026) Zimmermann, Eötvös, Gruber, Saunier, Sinfonia Varsovia, Hermanto - CD 3137
La nouvelle trompette
L’essor spectaculaire du concerto pour trompette au cours de la seconde moitié du XXe siècle fut directement inspiré par la tradition de la trompette jazz et plus particulièrement par le génie de Louis Armstrong[i]. Armstrong, ainsi que d’autres trompettistes de jazz tels que Dizzy Gillespie et Miles Davis après lui, introduisirent une manière résolument nouvelle de jouer de leur instrument, manière qui se révéla tout aussi révolutionnaire dans le monde de la musique classique.
Il ne faut donc guère s’étonner que les trois concertos figurant sur ce disque entretiennent tous des liens explicites avec le jazz, tout en s’exprimant dans la (ou les) langue(s) de la musique classique contemporaine. Ces trois oeuvres, comme leurs compositeurs respectifs, sont également reliées par des liens personnels. Pétér Eötvös étudia la composition auprès de Bernd Alois Zimmermann. En tant que chef d’orchestre, il enregistra à la fois Aerial de Heinz Karl "Nali" Gruber et son propre concerto intitulé Jet Stream – avec Håkan Hardenberger en soliste. Hardenberger, pour qui Aerial fut écrit et Jet Stream révisé, fut aussi l’un de ceux qui contribuèrent à ressusciter Nobody knows de trouble I see de Zimmermann, après des décennies de négligence. Ce trio de concertos mérite assurément d’être entendu côte à côte; ensemble, ils témoignent de la vaste palette expressive de la trompette, à l’intersection des traditions classique et jazz. Ces dernières années, les interprètes de la génération suivante comme Clément Saunier se sont emparés de ces oeuvres majeures, désormais pleinement intégrées au répertoire de la trompette, alors qu’elles trouvent un nombre croissant de nouveaux défenseurs parmi les musiciens, et de nouveaux admirateurs parmi les auditeurs.
Il est significatif qu’aucune des trois compositions ne porte simplement le titre de « Concerto pour trompette ». Chacune possède un titre descriptif que l’on pourrait qualifier de « programmatique » — bien que non au sens de la musique à programme du XIXe siècle, laquelle s’inspirait le plus souvent de sources littéraires ou artistiques préexistantes. Nos trois oeuvres sont « programmatiques » d’une autre manière. Le concerto de Zimmermann, le plus ancien des trois, s’appuie sur un spiritual bien connu — une source musicale — qu’il emmène vers des horizons encore inexplorés. Les deux oeuvres plus récentes reposent sur des images et des idées extra-musicales propres à leurs compositeurs. À travers une multiplicité d’allusions à d’autres musiques, chacun a créé un réseau d’associations particulier et, en plaçant ces éléments empruntés dans de nouveaux contextes, chaque oeuvre parvient à exprimer quelque chose de profondément original.
Le jazz, bien qu’il soit clairement au centre des trois « programmes », signifiait quelque chose de différent pour chacun des compositeurs. Ces Européens n’ont pas simplement écrit de la musique influencée par le jazz américain, comme Stravinsky, Ravel et tant d’autres l’avaient fait un siècle plus tôt. Ils proposent plutôt leur propre réponse émotionnelle à cet art. L’oeuvre de Zimmermann est avant tout une méditation personnelle sur le spiritual; Gruber utilise les rythmes du jazz pour évoquer une vision apocalyptique, une fin du monde, tandis que chez Eötvös, le jazz apparaît comme un monde mystérieux en voie de découverte. - Dr. Peter Laki
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[i] John Wallace, “The Emancipation of the Trumpet: Louis Armstrong, and the influence of jazz on 20th Century Trumpet Performance and Composition. Changing the course of history,” Scottish Music Review, vol. 1, n°1 (2007), pp. 68-82.
Clément Saunier
Clément Saunier est l’un des trompettistes français les plus actifs de la scène nationale et internationale. Diplômé du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris et du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il étudie auprès de Pierre Gillet, Clément Garrec, Gérard Boulanger et Jens McManama, avant de se perfectionner auprès de Pierre Thibault et Vladimir Kafelnikov.
Ses prestations aux concours internationaux sont récompensées par plusieurs grands prix, notamment à Città di Porcia (Italie), au Printemps de Prague, à Jeju (Corée du Sud), au concours Théo Charlier à Bruxelles, au concours Maurice André à Paris ainsi qu’au Concours Tchaïkovski de Moscou.
En 2013, il est nommé trompette solo de l’Ensemble intercontemporain. À ce poste, il collabore avec les grands compositeurs et chefs d’orchestre de notre temps. Il interprète et crée un grand nombre d’oeuvres du répertoire pour trompette, parmi lesquelles le Requiem de Hans Werner Henze, Mysteries of the Macabre de György Ligeti, la Sequenza X de Luciano Berio, Metal Extensions et Metallics de Yan Maresz, le NONcerto de Richard Ayres, Doppelgänger et Evil Twin de Yann Robin, Wild Winged One de Liza Lim, Triptyque Bleu d’Hèctor Parra, Gnomon de José Miguel Fernández ou encore Soliloquy IX de Thomas Simaku.
Il se produit régulièrement dans les grandes salles internationales, telles que la Philharmonie de Paris, la Philharmonie de Cologne, le Centre Pompidou, au Carnegie Hall de New York, au Suntory Hall de Tokyo, ou encore dans les Philharmonies de Berlin, Moscou et Hambourg.
En soliste, il est invité par de nombreux orchestres et festivals en Europe et à l’étranger, et mène parallèlement une intense activité de musique de chambre et de récital. Il est membre fondateur de l’ensemble Trombamania et du Paris Brass Quintet.
Sa discographie soliste reflète la diversité de son parcours artistique, de la musique baroque aux oeuvres contemporaines. Elle comprend notamment l’enregistrement du concerto d’Henri Tomasi avec l’English Chamber Orchestra, les concertos pour trompette d’Ida Gotkovsky, Charles Chaynes, Lalo Schiffrin, Roger Boutry et Anthony Girard, ainsi que le disque Direction (2017), consacré à des oeuvres pour trompette seule de Fedele, Maxwell Davies, Pintscher, Scelsi, Henze et Takemitsu. Ces enregistrements sont parus chez Cristal Records, Maguelone, Klarthe et Corélia.
Pédagogue engagé, Clément Saunier est professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon ainsi qu’au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, et donne régulièrement des masterclasses dans les principales institutions internationales.
Depuis 1998, il développe de nombreux projets artistiques et pédagogiques dédiés aux cuivres. Il est notamment à l’origine du festival Le Son des Cuivres à Mamers et du Surgères Brass Festival, ainsi que de l’Académie de cuivres et percussions de Surgères, qui rassemblent chaque été plusieurs milliers de festivaliers.
Il développe et joue les instruments Antoine Courtois.
Sinfonia Varsovia
Depuis sa création, le Sinfonia Varsovia est un ambassadeur de la culture musicale polonaise. Ses tournées internationales l’ont amené à rencontrer d’innombrables chefs d’orchestre, compositeurs et solistes et à toucher un très vaste public. Sur près de 40 ans d’existence, l’orchestre s’est produit régulièrement sur les scènes nationales et internationales, offrant aux auditeurs une expérience musicale inoubliable.
Avec l’arrivée de nouveaux membres, l’ensemble perpétue la tradition de l’Orchestre de Chambre Polonais (PCO) fondé en 1972 et dont il est issu. L’impulsion à son expansion a été donnée en 1984 par le légendaire violoniste Yehudi Menuhin, qui en a été le premier chef d’orchestre invité. « Aucun autre orchestre ne m‘a procuré autant de satisfaction que le Sinfonia Varsovia, en tant que soliste et chef d’orchestre », a-t-il déclaré en interview.
Par la suite, le Sinfonia Varsovia a entrepris une tournée mondiale, se produisant dans les salles de concert les plus prestigieuses, telles que le Carnegie Hall (New York), le Théâtre des Champs-Élysées (Paris), le Barbican Centre (Londres), le Wiener Musikverein (Vienne), le Teatro Colón (Buenos Aires), le Suntory Hall (Tokyo) et l’Herkulessaal (Munich). L’orchestre a joué sous la direction de chefs renommés, à l’image de Claudio Abbado, Witold Lutosławski, Lorin Maazel, Emmanuel Krivine, Jerzy Maksymiuk et Krzysztof Penderecki (qui a été directeur musical puis directeur artistique de l’orchestre de 1997 à 2020), ainsi qu’avec des solistes tels que Mstislav Rostropovitch, Anne-Sophie Mutter, Alfred Brendel, Martha Argerich et Piotr Anderszewski.
L’Orchestre symphonique de Varsovie a donné plus de 4000 concerts à travers le monde et enregistré plus de 300 disques, notamment pour Decca, Deutsche Grammophon, Naxos, Sony et Warner. Son répertoire discographique comprend des oeuvres du XVIIIe siècle à nos jours. Une place de choix est accordée aux compositeurs polonais, tels que Chopin, Penderecki, Paderewski, Lutosławski, Górecki et Kilar. L’orchestre a créé de nombreuses oeuvres, incluant celles de Henryk Mikołaj Górecki, Paweł Mykietyn et Krzysztof Penderecki.
Wilson Hermanto
Apprécié pour sa profonde musicalité, son autorité naturelle, son énergie communicative et son élégance, Wilson Hermanto est chef invité principal de l’orchestre de chambre Cameristi della Scala depuis 2017. Durant la saison 2025-26, il retourne à l’Elbphilharmonie Hamburg, avec les Cameristi della Scala après y avoir fait ses débuts l’année précédente à la tête du Wiener Kammerorchester. D’autres concerts en Suisse et à l’étranger souligneront le lien qui existe entre la phalange milanaise et Wilson Hermanto. Au cours de la même saison, il retrouvera l’Orchestra dell’Accademia Teatro alla Scala ainsi que l’Orquesta Filarmónica de Bogotá.
Avec les Cameristi della Scala, outre les concerts au Teatro alla Scala de Milan, Wilson Hermanto s’est récemment produit en Italie, en France, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Turquie et à Hong Kong et a également été réinvité par le Festival George Enescu à Bucarest. Au cours des dernières saisons, il a collaboré avec des solistes de renom tels que Veronika Eberle, Simon Trpčeski, Daniel Müller-Schott, Maxim Rysanov et Pierre Génisson. Wilson Hermanto a dirigé l’Orchestre philharmonique de Varsovie ainsi que l’Orchestre du NFM Leopoldinum à Wrocław. Avec le violoncelliste Daniel Müller-Schott, il est co-fondateur et co-directeur artistique du festival Vevey Spring Classic depuis 2022.
En tant que chef d’orchestre invité, Wilson Hermanto a dirigé Candide de Bernstein avec le Baltic State Opera en Pologne et a travaillé avec le Sinfonia Varsovia, l’Orchestre symphonique de la Radio nationale polonaise, l’Orchestre National de Metz, l’Orchestre philharmonique George Enescu, le Philharmonisches Orchester Heidelberg, l’Argovia Philharmonic, l’Orquesta Sinfónica Nacional de Chile, l’Orchestre Mariinsky, l’Orchestre philharmonique de Szczecin, l’Orchestre philharmonique de la République tchèque du Nord, l’Orquesta Filarmónica de Bogotá, l’Orchestra dell’Accademia Teatro alla Scala et l’Orchestre Symphonique Suisse des Jeunes.
En France, Wilson Hermanto a dirigé plusieurs des orchestres qui comptent parmi les plus prestigieux de l’Hexagone : l’Orchestre National de Lyon, l’Orchestre philharmonique de radio France, l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, l’Orchestre de chambre de Paris, l’Orchestre National d’Île de France, l’Orchestre National de Bretagne. Il a dirigé l’Orchestre de Cleveland, la Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken, l’Orchestre symphonique de Prague, le London Philharmonic Orchestra, le BBC National Orchestra of Wales, l’Orchestra della Svizzera Italiana, l’Orchestre de chambre de Lausanne, la NDR Radio Philharmonie Hannover, l’Ulster Orchestra, le Florida Orchestra, l’English Chamber Orchestra, l’Orchestre philharmonique de Malaisie, l’Orchestre de chambre de Genève, l’Ensemble Contrechamps, etc.
Avec un large répertoire qui s’étend de la période baroque à la musique de notre temps, Wilson Hermanto a travaillé avec de nombreux compositeurs contemporains renommés tels que Zygmunt Krauze, Bruno Mantovani, Jörg Widmann, Agata Zubel, Thuridur Jónsdóttir, Helmut Lachenmann, Eric Montalbetti, Giovanni Sollima, Magdalena Długosz, H.K. Gruber, Matteo Franceschini, Enno Poppe, Teoniki Rożynek, Wojciech Błazejczyk et Lowell Liebermann. Parmi les solistes avec lesquels Wilson Hermanto a travaillé figurent notamment Maxim Vengerov, Lang Lang, Francesco Piemontesi, Gautier Capuçon, David Fray, Till Fellner, Alexei Volodin, Sergei Babayan, Carolin Widmann, Alina Pogostkina, Nils Mönkemeyer, Kian Soltani, Richard Galliano, Radek Baborák, Michael Barenboim et le Trio Wanderer.
Né en Indonésie et résidant depuis longtemps en Suisse, Wilson Hermanto est diplômé du Peabody Conservatory of Music. Après un bachelor de violon, il a obtenu un master de direction d’orchestre à la Manhattan School of Music, où il a étudié avec le maestro suédois Sixten Ehrling. En sa qualité de mentor, Sir Colin Davis s’est intéressé pendant plus de dix ans à la formation musicale de Wilson Hermanto. Il a également été l’un des derniers élèves de la classe de direction de Carlo Maria Giulini à la Scuola Musica de Fiesole en Italie. Il a en outre étudié avec Seiji Ozawa au Tanglewood Music Center et, sur l’invitation de Pierre Boulez, au sein de la Lucerne Festival Academy.
Wilson Hermanto et les Cameristi della Scala ont fait paraître fin 2024 un album comprenant la Symphonie n° 2 de Beethoven et la Symphonie n°35 dite « Haffner » de Mozart (CD Claves 3096).
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